En tant que guide composteur, je suis un fervent adepte de la couverture du sol par des débris végétaux (et non par des roches comme la pouzzolane, sauf en rocailles pour xérophytes).
En effet, la terre a horreur de la nudité.
Dès qu'une parcelle est nue, pour autant que les conditions climatiques le permettent, une végétation s'implante (lichen et mousses sur roches, suivies de plantes supérieures par la suite).
De plus, il faut perdre les habitudes acquises par le développement des industries chimiques : on ne doit pas nourrir les plantes, mais favoriser la biologie du sol pour que les plantes s'en nourrissent.
Donc, le fait de recouvrir le sol avec des matières dégradables est favoriser un processus naturel les débris végétaux des forêts se dégradent et nourrissent des plantes dont les arbres qui présentent une biomasse très grande à l'hectare.
Il y a quelques années, j'ai replanté quelque 150 céléris de différentes variétés.
Lors de la plantation, j'ai praliné les racines de mes jeunes plantes et j'ai épendu le produit de scarification d'une pelouse, sur une épaisseur de 5 à 7 cm.
Nous avons eu un été très chaud et sec.
Alors que les maraîchers traditionnels devaient arroser leurs productions, ils peinaient à lutter contre la pourriture du coeur de leurs céléris.
Personnellement, je n'ai eu aucun arrosage à pratiquer et seul un chardon dont j'avais dû laisser un bon morceau de racine a percé la couverture.
Mes céléri ont très bien produit, la tête au chaud et les pieds au frais comme il se doit.
Je ne suis pas favorable à une couverture d'écorces de pins pour les plantations, sauf s'il s'agit de plantes de terres acides (les tanins libérés par les écorces sont herbicides, tout comme les feuilles de certains arbres : il suffit de voir que rien ne pousse sous les marronniers d'Inde, les châtaigniers, ...).
Néanmoins, un compost bien mené (mélange de matières ligneuses et de matières herbacées, humidité suffisante, mais pas trop forte), même à moitié mûr, c'est à dire qui comporte encore des brindilles visibles, peut être étalé en surface : son activité va se communiquer au sol et les nutriments vont être disponibles aux plantes.
De même, une bonne couche de feuilles mortes disposées en automne, du broyat de feuillus formeront une bonne couverture.
Une solution pour des parcelles devant être désherbées et mises en culture : disposer de gros cartons (sans papier collant !) sur le sol, en couvrant bien toute la parcelle et en recouvrant bien les raccords (deux couches ne sont pas superflues).
Dessus, disposer 5 à 7 cm de broyat de ligneux bien humidifié.
Le temps que les cartons se décomposent, les herbes ne trouveront pas le chemin de la lumière et dépériront tandis que le broyat va se composter.
Un petit coup de grelinette par la suite, et le sol est prêt à recevoir sa culture.
Si on est pressé, un coup de plantoir à travers le carton permettra de planter ses premières cultures.
Bien entendu, si l'on dispose la couverture sur un sol sec, il faudra un certain temps pour que la pluie le transperce et que l'eau soit disponible pour les plantes; mais si elle est placée sur sol humide, en épaisseur suffisante, binages, arrosages et désherbages deviennent superflus. Eventuellement, quelques herbes qui se resèment par dessus ou quelques plantes à racines coriaces telles pissenlis, liserons, chardons, ...
ADAM Yves,
Le Masuage de la Croix-Rouge
Apiculture - Horticulture - Guide composteur
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